Avortement, IVG, pistes pour mieux le vivre

Je tiens tout d’abord à remercier ces patientes, amies et soeurs de coeur qui m’ont partagé leurs expériences. Je remercie également les petites âmes qui guident leurs parents à ce qu’on puisse se rencontrer. Et puis merci, aux papas, à ces hommes qui m’ont livré leurs secrets avec pudeur.

La question de l’avortement, même si il est légalisé, reste globlement taboue dans nos sociétés. De ce tabou résulte parfois de la honte, de la culpabilité, du secret. Comme tout ce qui est tu, c’est une énergie qui stagne, un refus, une contraction énergétique qui peut être un frein.

Je ne parlerai pas dans cet article de l’impact énergétique des fausses-couche et avortements au niveau transgénérationnel, mais j’invite toute personne ayant connaissance de ces phénomènes dans sa généalogie à envisager une constellation, que j’appelle Magie du Vivant.

Mon propos est ici de m’adresser aux femmes qui ont vécu, ou qui vivent ce processus de mettre un terme à une grossesse, quelle qu’en soit la raison.

Je souhaite t’apporter réconfort et ouverture en te partageant mon expérience de thérapeute périnatale, énergéticienne et à l’écoute des âmes.

Tout d’abord, sache qu’il n’y a pas d’erreur, jamais. Tu n’es fautive de rien.

La vie dans son grand mystère peut prendre des formes étonnantes… le début d’une grossesse inattendue ou non désirée en fait partie. Pour certains parents, le désir d’interrompre la grossesse va amener un échange de couple profond et il arrive que l’option d’accueillir l’enfant se révèle être la plus réjouissante. J’ai entendu parfois, « c’est un cadeau de la vie, même si on n’y est pas prêt, on se doit de l’honorer ».

Pour d’autres couples ou femmes, c’est justement l’interruption de la grossesse qui se révèle être le choix d’amour : « mon corps est fatigué, c’est déjà trop les enfants, la famille, je n’aurai pas la force » ou encore « ce n’est pas le bon timing, je vais m’épuiser », « ce n’est pas avec ce partenaire que je souhaite fonder ou agrandir la famille »… tant d’éléments qui reviennent à ‘ je pose cet acte par amour, amour pour moi, pour cet enfant, ou pour la famille’.

Qui dit acte d’amour ne veut pas forcément dire facile à gérer dans la matière ! Certaines femmes vont avorter les mains dans les poches, le coeur léger, d’autres ne s’attendent pas à ce que des pleurs arrivent, voire des douleurs inattendues.

Le plus important est l’ACCUEIL, l’accueil absolu de ce qui se manifeste, sous toutes les formes.

Si c’est de la colère, elle est la bienvenue : pourquoi ça m’est arrivé à moi, pourquoi il m’a fait ça (inconsciemment, beaucoup de femmes portent cette injonction d’être victimes d’un homme qui les a fécondées), pourquoi on est si mal accompagné, pourquoi suis-je si seule devant ces décisions ?…

Si c’est de la tristesse, elle est aussi bienvenue : jamais nous ne connaîtrons cet enfant, je dois lui dire au revoir, ça réveille d’anciennes blessures de deuil ou séparation, j’aimais malgré tout me sentir enceinte et c’est difficile de revenir en contact avec ce ventre vide…

Si c’est de la peur, elle est évidemment aussi la bienvenue : que va vivre cette âme si on ne l’accueille pas ? Qu’est-ce que mon corps va garder comme stigmates de cette expérience ? Et si c’est trop douloureux ?…

Tu peux laisser venir toutes ces émotions, croyances, tu peux les écrire si tu veux. Rappelle-toi que ce sont juste des croyances, que tu n’es pas obligée d’y adhérer. Tu es un espace vide sur lequel toutes ces émotions, croyances et jugements apparaissent.

Tu n’es pas obligée d’adhérer à ce narratif qui se déroule, mais tu peux laisser tous ces mouvements contradictoires se vivre, en toute authenticité.

C’est d’ailleurs ce que les femmes viennent souvent chercher en consultation dans ces moments, un espace de dépôt, un espace secret où tout peut se dire, tout peut se vivre, où elles ne seront pas jugées pour ce qui se vit. Souvent, le premier juge est en soi, ce qui commente, réclame, proclame… Une fois ce gardien rencontré, la femme s’apaise et peut entrer dans son espace de vérité.

Que vis-tu dans le corps ? Quelles émotions sont ressenties ? Qu’est-ce que ta guidance intérieure te suggère ? Prends le temps de te laisser ressentir, ouvre-toi à ce qui vit en toi…

Lorsque la décision d’interrompre la grossesse est une évidence, tu peux te préparer à ce moment. Non pas comme une guerrière qui va au combat, mais dans la douceur, en t’offrant ce qui est doux pour toi. Avec qui souhaites-tu être ? Qu’est-ce qui peut être contenant pour toi au niveau du corps ? Qu’est-ce que tu visualises qui serait soutenant ? Quel serait le contexte dans lequel tu serais en sécurité pour ce moment ? (pour rappel certains médecins/centres proposent que la prise de médicament se fasse à domicile)

Certaines femmes que j’ai accompagnées ont suivi le conseil d’appeler l’équipe médicale dont elles auraient besoin, et ont été exaucées ! Je me souviens d’une femme en particulier qui était décidée à mettre un terme à la grossesse, c’était sans équivoque. Mais la peur d’être jugée et mal accompagnée à l’hôpital la terrorisait. Elle a pris le temps de visualiser des personnes aimantes à ses côtés et a pu remercier que cela se soit manifesté durant l’intervention.

J’aime aussi proposer aux femmes de « se mettre en Unité » avec le médicament. Cela veut dire, de prendre le temps de le sentir, d’être en paix avec lui. C’est très différent si j’avale le médicament en me disant que c’est un poison horrible ou si je prends le temps de le remercier pour ce qu’il va produire dans le corps !

Si tu as pris le temps de t’ouvrir à ce début de grossesse et peut-être même à la petite âme, tu peux aussi prendre le temps de remercier, de signaler que ce n’est pas le bon timing pour toi, de dire au revoir. S’ouvrir à une âme à laquelle on va dire au revoir n’est pas toujours aisé pour les femmes/couples, qui ont peur de s’attacher. Fais ce qui est bon pour toi, c’est ton expérience et c’est ton attitude qui va la colorer.

Lorsque le processus d’interruption est enclenché, laisse-toi traverser pleinement par ce qui est là. Tu n’as pas à avoir peur de ce que tu ressens, tout est à sa place.

Tu as le droit de vivre des sentiments contradictoires, tu as le droit de te sentir perdue, ou tu as même le droit de te sentir en pleine forme ! Vraiment tout est possible <3

Vois aussi en toi ce qui voudrait retenir, n’est pas prêt à laisser partir…

Je me souviens d’une femme qui se sentait prête, c’était une évidence qu’elle ne voulait un nouvel enfant. Et pourtant, le sang n’arrivait pas après la prise de médicament, elle ne comprenait pas… puis elle a eu l’intuition de demander à son conjoint de s’en aller ; la délivrance est arrivée dans les minutes qui ont suivi ! Ils ont ensuite eu l’occasion d’échanger ensemble sur le fait que cet homme suivait sa décision à elle, mais qu’au fond de son coeur il aurait bien laisser la famille s’agrandir encore. Il retenait donc subtilement cette petite âme à rester.

Une autre femme accompagnée était dans une relation illégitime et ne souhaitait pas garder l’enfant. Mais lorsqu’elle a pris les médicaments, un refus subtil s’est placé en elle. Elle a ensuite des semaines de douleurs au bas-ventre (alors que médicalement tout allait bien) ; nous avons pris le temps avec des soins vibratoires à distance de clôturer, remercier et laisser passer. Elle s’est apaisée, s’est créé un rituel dans les bois et les douleurs ont disparu.

C’est toujours le refus qui crée la souffrance. Si tu souffres, regarde en profondeur, avec amour ce qui est refusé.

Pour terminer, je souhaite laisser une place aux hommes dans ces histoires.

A celui qui 20 ans plus tard s’en voulait toujours d’avoir demandé à cette femme d’avorter car il ne la sentait pas stable à l’époque,

A celui qui n’a pas eu d’enfants et a regretté d’avoir accompagné plusieurs femmes à avorter,

A celui pour qui c’était trop dur et qui a préféré fuir lorsqu’il a été question de grossesse,

A celui qui n’a pas pu accompagner sa compagne, déjà mère, à interrompre une grossesse car son coeur voulait cet enfant,

A celui qui est resté près de sa compagne, sans comprendre ce qu’elle vivait, elle avait choisi d’avorter seule, en silence.

A vous tous hommes et femmes qui souhaitez juste au fond partager l’Amour,

Ouvrez-vous, nommez ce qui est là et faites-vous accompagner si c’est trop souffrant

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